Mardi, 23 juin 2026 - Le cœur lourd

Réveil : 7h50 Un exploit ! Juste à temps pour l’ouverture des toilettes!

Départ : Tatamagouche (Nelson Memorial Park) –  km: 20 486

Destination dodo : Baddeck (Telegraph House Hotel) - km :  20 757

Distance parcourue : 271 km

Météo : Ensoleillée au réveil, pluie presque sans arrêt à partir de 11h00. Tiède.

Bébitomètre : 0/10


Stationnés pour la nuit, à l'extérieur de la barrière








C’est difficile d’écrire ce soir. Difficile de dormir aussi, malgré le lit somme toute confortable. Ça fait du bien de dormir entre quatre mur et dans un vrai lit. Hier soir, nous avons appris que nos amis ne viendraient pas nous rejoindre à Terre-Neuve pour les quelques journées prévues à St-John’s. Un de leur enfant vit des moments difficiles. Je n’ai pris la mesure de ce qui leur arrivait que ce matin et pendant la journée étant donné le réseau internet inconstant. Notre désarroi face à notre impuissance à les supporter est omniprésente. Impuissance à cause de la distance mais aussi impuissance parce qu’il y a de ces moments où nos mots, nos pensées positives nous semblent dérisoires.

Toilette de La Factrie
des mots porteurs.

Quand nos enfants sont bébés, il y a des livres et des gens savants qui nous expliquent comment faire, qui nous mettent en garde et on trouve ça bien inutile. Mais on n’essaie même pas de nous préparer à la parentalité de l’âge adulte. Quand ils ont leurs vies, leurs défis, leurs responsabilités. Souvent, je me sens comme une maman pieuvre alors que mes enfants sont au bout de mes tentacules et je ne peux plus les protéger d’elles-mêmes et des autres. C'est comme des petits bouts de moi, de mon cœur, sur lesquels je n'ai plus de contrôle et sur lesquels ma protection est quasi inexistante. Elles m’échappent. Nous devons faire confiance qu’elles viendront vers nous en cas de besoin mais surtout, surtout, confiance que nous leur avons assez donné, assez transmis et qu’elles possèdent ce qu’il faut pour surmonter les difficultés que la vie leur enverra. Nous ne pouvons plus les protéger. Sauf, que l’anxiété, la douleur que l’on ressent quand il leur arrive des écueils, elles, demeurent intactes, aussi grandes et parfois même entre plus submergeantes que lors de leur première journée à la maternelle où elles entraient dans un nouvel univers, sans nous. Mais la vie, on la leur a donnée et je veux croire que nos enfants ont en eux ce qu'il faut pour la vivre, avec ses hauts et ses bas.

Ce que nos amis vivent présentement me ramène à ce constat. Et au constat, plus souvent nommé mais combien vrai, que la vie ne tient qu’à un fil. Qu’il y a des « avants » et des « après » immuables. Qu’on n’y peut rien. Toutes nos pensées sont avec eux et on aimeraient tellement les prendre dans nos bras.

Pendant que nous sommes ici, la vie continue là-bas. en parallèle. Mes filles et leur quotidien me manquent. Celles de nos familles et nos amis. Des moments que nous ne vivons pas avec eux. Et des moments que je tente de leur faire vivre en écrivant ici mais c’est une illusion. Vous n’êtes pas ici. C’est un sentiment déjà vécu pour moi. Ce sentiment m’a déjà habité si fort que ça m’a pris du temps pour avoir de nouveau le goût de partir explorer d’autres contrées. Ce soir, ce sentiment me hante de nouveau.

De notre journée, je ne nommerai que le bon « Dirty chai latte » que j’ai pris ce matin à Tatamagouche, le retour dans nos propres traces à Pictou, joli port charmant qui se refait un beauté, à notre grand plaisir et une arrivée à Baddeck au Cap Breton dans la brume et la pluie. Nous qui l’avons connu jadis sous un ciel bleu immaculé et un soleil cuisant. Je suis contente de renouer avec un lit et quatre murs cette nuit et un excellent repas au Cable Room. Tout était réservé depuis longtemps : une petite soirée facile. La soirée s’est conclue par une agréable conversation avec des Suisses venus visiter les maritimes à partir d’Halifax. (Halifax !)

Est-ce l’excès de nourriture, le vin ou toutes ces réflexions mais le sommeil me fuit. Peut-être que le fait d’avoir couché les mots me permettra de m’assoupir.

Si vous me lisez, c’est que je vous aime, où que vous soyez. Tenez-le-vous pour dit. 💖


Merci de me lire.









23h38





Images en vrac:

Petit déjeuner sur le bord de la rivière où
nous avons passé la nuit.




Café du Tatamagouche Railway Inn





Les pharmaciens ne sont jamais bien loin...




On rock aussi !



 


Pictou se refait une beauté. 

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