Mercredi, 24 juin 2026 - Embarquement sur le traversier

 

Mercredi, 24 juin 2026

Réveil : 7h30

Départ : Baddeck (Telegraph House Hotel 6h50 – km : 20 757

Destination dodo : North Sydney – Dans des nacelles sur le traversier –  km: 20 819

Distance parcourue :  62 km (sur la route). Le traversier fera 549 km, une traversée de 16 h. (+ le temps d'attente à l'intérieur = plus de 24h.)

Météo : Temps gris, brumeux et pluvieux. Température confortable.

Bébitomètre : 0/10


Ce fut une courte nuit étant donné que j’ai écrit jusqu’à environ 1h du matin mais je suis en forme malgré tout. Nous n’avons pas une journée exigeante devant nous de toute façon. Nous allons déjeuner au café en face du gîte, le Highwheeler café and bakery. Je m’offre un « Magic Puffin » : un espresso serré avec juste un peu de lait et de la poudre magique bleue. 🐧
 

Nous retournons au gite pour profiter du wifi et mettre à jour le blog et la planification du voyage. Nous quittons la chambre un peu avant 11h00 et ce n’est qu’une fois dans l’auto alors que Sylvain sort du stationnement que je vois un SMS de la Marine Atlantic me disant que dû aux conditions météorologiques, le départ du traversier et retardé de 17h30 à 21h30. Sylvain se range sur le côté de la rue. On ne sait plus quoi faire de tout ce temps. Il pleut un peu, le ciel est gris, on n’a pas de plan. C’est poche. On tourne un peu en rond, visite l’information touristique et décidons de suivre le plan initial et de partir tout de suite vers North Sydney. En route, je lis mes courriels. J’ai aussi un message de la compagnie de traversier précisant un détail important : l’embarquement débuterait quand même à 15h30 ! Six heures avant le départ ! Nous décidons donc de nous rendre au traversier et de se renseigner sur place : est-ce une erreur dans le courriel? Le SMS ne précisait pas cette information essentielle. La route qui devrait être panoramique est cachée dans un épais brouillard. Mais il y a pas mal de voitures alors la conduite se fait bien.



Note : Je vais donner pas mal de détails sur le déroulement de la traversée parce que c’est quelque chose qu’on ne fait pas souvent et il y a des particularités intéressantes que j’avais envi de partager. J’imagine que lorsque ce ne sera que des paysages, j’en aurai moins à raconter.

Arrivée aux guérites du traversier, les installations dignes de douanes frontalières nous étonnent. Nous n’osons pas avancer jusqu’aux guérites de peur d’être pris à aller de l’autre côté et de ne plus pouvoir en sortir. Mais d’un autre côté, impossible de reculer non plus : c’est un sens unique sans équivoque. C’est Mary qui nous accueille avec un engageant « I’ll be with you in a minute » et un sourire chaleureux. Ça part bien mais encore… À son retour, confirmant avec nous que nous allons pour Argentia, elle nous remet une affiche « Argentia » pour le tableau de bord. Wait ! Oh no! Not now! Il est midi ! On part dans 9h30, pousse mais pousse égal. On pose nos questions. Finalement, il va réellement falloir revenir pour 15h30. Mais « tant qu’à être ici » Mary nous propose de vérifier que tout est en règle, pour prendre de l’avance. Bon ok. Ça nous va. Pourquoi pas ? On lui fournit notre numéro de réservation. Suspens. Tout est beau. Elle nous remet déjà toutes les affiches pertinentes (en plus de celle « Argentia », il y en a une pour dire qu’on a du propane et une autre que nous sommes un véhicule de la catégorie « électrique ») et même nos cartes d’embarquement et de cabines. Ainsi équipés, elle nous dit que nous pourrions revenir que pour 16h00. Elle est prête à nous donner congé mais je demande, « How do we get out ? » et elle se souvient alors de nous indiquer une grille du côté opposée où un jeune homme nous attend pour l’ouvrir, précisant qu’il y aura une autre barrière au bout du stationnement qui, elle, s’ouvrira automatiquement. Elle ne nous laisse pas repartir cette fois sans nous conseiller sur les endroits disponibles autour pour nous sustenter. Thank you very much !

À la sortie :

Priorité #1 : Faire le plein d’essence avant d’arriver à Terre-Neuve ($$$). Nous tombons sur une station-service. Cette fois, pas de tergiversations, ce sera elle. Il est recommandé de faire le plein juste avant d’embarquer. Je trouve que ça fait beaucoup de véhicules qui se remplissent à pleine capacité et donc ont un poids plus important qui est sûrement non négligeable pour le traversier. Les ingénieurs doivent avoir prévu ça. 😉

Priorité #2 : Acheter des fruits avant d’arriver à Terre-Neuve et prévoir un souper froid pour manger dans Digby II dans la file d’attente pour l’embarquement, étant donné que le départ n’est plus pour 17h30. Finalement, on n’achètera que des pommes, deux sandwiches chez Sobeys et des gâteaux Vachon (demi-lunes) qui rappellent des souvenirs à Sylvain.

Priorité #3 : Dîner avant d’aller se mettre en file. C’est Subway avec ses « Power bols » qui l’emporte. On croise plein de québécois qui traversent eux aussi.

Après le diner, tant qu’à tourner en rond et à ne rien faire, nous décidons d’aller « ne rien faire » dans la file du traversier (vers 14h30). Étant donné que c’est tout près, nous prenons le temps de faire un tour de reconnaissance pour voir où se trouve notre B&B réservé pour le soir de notre retour de TN. C’est vraiment tout près du traversier. Ce sera parfait. En autant que le traversier ne soit pas aussi en retard sur le retour…

Le temps passe vite au terminal alors que je mets à jour mon document Planning motion et le blog (ça occupe!). J’en profite étant donné qu’on a du réseau.

L’embarquement est annoncé. Yahoo!!! Nous retournons au véhicule pour… presqu’une autre heure d’attente. Finalement, j’aurais pu prendre plus de temps pour fermer mon ordinateur.

Enfin, notre tour d’embarquer, nous comprenons mal les indications et avons le réflexe de suivre les vans, comprendre les VR, alors que nous devions monter avec les véhicules électriques au pont supérieur. L’employé nous fait signe que ce n’est pas grave et que nous allons tous à la même place. Je suis inquiète étant donné nos batteries électriques. Et si nous étions responsables d’une catastrophe pendant la traversée? Ben non, je ne panique pas tant. La pensée traverse mon esprit mais je trouve plutôt cocasse de nous voir à travers ces géants.




Une fois stationné, on nous indique que nous sommes sur le pont #3 (de bien nous en rappeler) et que les chambres sont sur les ponts 7 à 9. Les employés sont attentionnés et répètent la même chose à chaque voiture en prenant bien le temps de s'assurer que nous avons compris. Comme, nous n’aurons plus accès à notre véhicule alors nous apportons notre petite besace préparée un peu plus tôt et quittons notre Digby.

À l’intérieur, c’est un croisement entre un bateau de croisière et un avion. Bar, resto, tables, sièges confortables avec télévisions suspendues. Nous avons la chance d’avoir le plus récent bateau.

Nous avons réservé cette traversée le 30 décembre 2025. Déjà à cette date, nous avons dû prendre le troisième départ de la saison car dans les autres, les couchettes étaient déjà vendues. Nous avons pris deux nacelles. Nous réalisons qu’une nacelle est en fait une chambrette avec deux lits superposés. Nous avons donc quatre lits dans deux espaces distincts! Nous ne sommes pas les seuls car nos voisins de chambre sont dans la même situation. Je pense à tous les gens qui n’ont pas d’endroit pour dormir et qui se contenteront des bancs inclinables. Je me dis aussi que finalement, on aurait probablement pu partir plus tôt car si tout le monde inscrit le double de coucher que nécessaire, je comprends que ça se remplisse vite! Il y a une « réception », comme dans un bateau de croisière ou un hôtel. Je m’y rends et clairement, c’est une erreur commune. On me rembourse (quand même 120$!) sans histoire et me remet une deuxième clef magnétique pour accéder à notre chambrette 9309.

Nos bagages déposés dans notre chambrette et rassurée sur le sort de quelques deux autres passagers qui auront un lit, nous partons explorer le bateau. Nous choisissons des places que nous changerons plus tard. Une table aurait été plus commode pour moi qui écrit sans arrêt mais les sièges sont vraiment confortables. Il y a du réseau. On a du temps à tuer… Nous mangeons nos sandwiches. On appelle deux de nos filles. La troisième étant de service ce soir.

Nous voulions attendre que le bateau quitte le quai pour de bon avant d’aller nous coucher mais le départ prévu à 21h30 tarde encore. Les moteurs sont partis depuis longtemps mais on reste à quai. On attend que la météo soit plus clémente. Nous nous sommes déplacés pour laisser la place à l’autre traversier qui arrivait (lui, il a fait la traversée malgré la météo !?! 🤢). Finalement, à 22h20, on va se coucher et je sens qu’au vrombissement des moteurs vient de s’ajouter un tangage synonyme qu’on part enfin. Nous arriverons donc vers 15h30 demain plutôt que 10h30, si tout va bien. Ça aura des impacts sur la suite, nous avons une réservation après demain pour aller voir la plage de fossiles alors il faudra sacrifier la première région que nous traverserons pour nous y rendre.

Et ça tangue sur le pont 9. C’est spécial d’être allongée dans une petite capsule et de balancer ainsi. Le matelas est confortable. Je suis vraiment bien installée au premier étage alors que Sylvain a pris le deuxième. Mon corps se souvient de mes malaises l’an dernier sur notre péniche hollandaise. Je réussirai à contrer les étourdissements que je redoute et à m’endormir en me disant que c’est un bercement rassurant.

23h10

Photos en vrac :

 


Le traversier à qui le nôtre a cédé la place.






 

 

 

 

Beaucoup de chiens. On pense à Boris et Churro.


Les espaces sont grands entre certains bancs.
Pour permettre ceci, on imagine.


 

 

 

 

 


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